Des talents locaux et des internationaux : un meeting national de Strasbourg qui « a de la gueule »
Le meeting national de Strasbourg déroule à nouveau sa piste aux étoiles, ce samedi au stade de Hautepierre, de 16h à 21h, avec Anas Lagtiy-Chaoudar, chez lui, Baptiste Mischler, Corentin Le Clezio et Agnès Raharolahy en têtes d’affiche. Le contexte doit profiter aux meilleurs athlètes alsaciens, tous présents.
Déjà au temps des fameux meetings DNA, réunissant la crème de l’athlétisme français et plusieurs stars étrangères, aux confins des 20e et 21e siècles, le demi-fond faisait l’adn de ce rendez-vous de gala.
Depuis que le Strasbourg Agglomération Athlétisme a relancé son meeting national, avec bien moins de moyens, voire des moyens insignifiants, si bien que l’édition 2025 n’avait pu avoir lieu, c’est toujours le cas, de gros chronos tombant systématiquement sur une piste à la renommée devenue mondiale.
Anas Lagtiy-Chaoudar est d’attaque
« Certains vont jusqu’à dire qu’elle ne fait pas 400 m », en rigole Jean-Marc Ducret, patron du demi-fond à l’ASPTT Strasbourg. Voici deux ans, en champion local naissant, Anas Lagtiy-Chaoudar (S2A/ASPTTS) avait, toutes proportions gardées, rappelé les grandes heures de Mehdi Baala, l’enfant du quartier, adulé sur sa piste d’entraînement par plusieurs milliers de spectateurs.
Depuis, le Strasbourgeois a collectionné les records de France espoirs, endossé le maillot bleu et réalisé l’an passé les minima sur 1 500 m pour les Mondiaux de Tokyo, même s’il ne fut pas du voyage, vu la densité en France sur la distance.
Learnmonth, Baltus ou Le Clezio pour gâcher la fête ?
Le grand échalas de la Montagne-Verte sera bien du 800 m international qui clôturera la fièvre du samedi soir en apothéose. Les doutes sont – momentanément ? – levés une semaine après son abandon à Bydgoszcz, en Pologne.
Une infiltration en début de semaine et des pointes plus grandes évitant de compresser son talon ont permis de juguler la bursite qui le taraude.
Anas Lagtiy-Chaoudar se sait en grande forme et entend le prouver au contact du Britannique Guy Learmonth, du Néerlandais Noah Baltus, du Francilien Corentin Le Clezio, autant de spécialistes du 800 m pour mettre une claque à son record (1’47” 78) sur une distance qu’il explore peu.
Les pépites du cru
Le Brumathois Baptiste Mischler, rasséréné par son 1 500 m à Karlsruhe samedi dernier, se souviendra qu’il a établi sa référence sur le double tour de piste à Hautepierre, en 2021 (1’45” 37).
Deux ans après ses premiers pas triomphants à domicile, Anas Lagtiy-Chaoudar n’est pas seul au rang des pépites en lice à domicile. Alors en devenir, ses coéquipières Anaïse Meier et Léa Eid ont émergé et même explosé.
Avec le Bac pour priorité du moment, la première, à peine junior et déjà qualifiée sur 800 m pour les Mondiaux de sa catégorie, est en capacité d’accrocher, en fin de soirée aussi, une des références françaises, Agnès Raharolahy, 2e il y a deux ans.
Qui ira chercher les minima ?
Léa Eid vient de s’octroyer le record de France cadettes du 800 m, billet en poche pour les championnats d’Europe. Jean-Marc Ducret, coach de tout ce beau monde, la croit capable de décrocher les minima européen sur 1 500 m (4’24” 00). Si tel devait être le cas, cela pourrait faire les affaires de Jade El Himer, la Brumathoise étant en quête de ce chrono, direction Rieti et l’Italie.
La même excitation prévaudra sur le 1 500 m au masculin où les duettistes de l’AS Strasbourg, Mohamed-Amine Kodad et Elias Ali pourraient servir de locomotives aux juniors Paul Helmer (ANA/SGW) et Hugo Ducret, fils de.
« Ce serait bien qu’ils descendent sous 3’45”, échafaude Jean-Marc Ducret, pour les emmener ensuite à Ciney, en Belgique pour une grosse course. Pour eux, le ticket pour les Mondiaux juniors se joue à 3’41” 80.
Spillmann, Tupaia, les internationaux d’ici
Deux autres internationaux à l’accent alsacien mettront le meeting en lumière. Le Sundgauvien de l’EFCVO, à Paris, Yann Spillmann, ambitieux sur 400 m, s’y préparera… sur 800 puis 200 m.
Teuraiterai Tupaia, toujours pensionnaire du Pôle espoir de Strasbourg, soigne patiemment son coude depuis les JO de Paris, en vue de ceux de Los Angeles. Le Tahitien lancera son javelot là où il avait battu le record de France en 2021. Vu la rareté de ses sorties, c’est un honneur.
Le public suivra aussi avec attention les duels entre le Colmarien Augustin Deloge (PCA) et le Haguenovien Victor Lux (ANA) sur 100 m, entre le Mulhousien Rayan Bouhouche (EGMA), dont ce sera la rentrée sur le tour de piste, et le Strasbourgeois Jacques Ehrmann (S2A) sur 400 m.
Celui-ci, par ailleurs ou surtout en charge du plateau avec Jean-Marc Ducret, pourra à nouveau être fier du résultat. « Ce meeting aura de la gueule, on a encore fait des miracles, note ce dernier. Avec zéro moyen ! On a activé nos réseaux. Heureusement qu’on connaît du monde. »
Pour le plus grand bonheur des amateurs d’athlétisme.
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