« Rien que 15 000 € » pour changer de dimension ? Le meeting de Strasbourg rayonne en attendant d'être reclassé
Un miracle permanent. Sans guère de soutien donc de moyens, le meeting de Strasbourg, appelé national sans l’être, a offert samedi soir à Hautepierre une soirée d’un excellent niveau. Il faudrait si peu pour lui permettre de prendre plus de galon et de s’élever à des hauteurs qui devraient être les siennes.
Deux 800 m de gala, quelques pointures par ailleurs et un contexte idéal pour pousser la crème régionale vers des performances parfois insoupçonnées : ainsi se résume actuellement le meeting de Strasbourg. Ce qui n’est déjà pas rien et tient même de l’exploit vu ses moyens limités.
Pour compenser, outre ses petites mains, le Strasbourg Agglomération Athlétisme peut s’appuyer sur Jacques Ehrmann et Jean-Marc Ducret, aux solides réseaux pour ne pas dire amitiés dans le milieu. Sans leur influence, qui parmi les meilleurs Français daignerait venir dans la capitale alsacienne pour rien ou pas grand-chose, excepté de gros chronos, qui effectivement tombent toujours, comme par magie ?
Des performances à foison
Le club a fait comprendre à la Fédération qu’avec son budget de 30 000 €, il lui était impossible de tenir intégralement le cahier des charges d’un meeting estampillé national. Celle-ci en a pris acte. Officiellement, le rendez-vous strasbourgeois n’était donc pas classé “national”.
Dans les faits, il l’était bien, grâce aux résultats marquants accumulés. Soit une performance de niveau IA (le 1’45”54 de Corentin Le Clézio, l’Olympien des JO de Paris, sur 800 m), deux IB (les 57,45 m de l’Italienne Adèle Toniutto et les 77,76 m du Paraguayen Lars-Anthony Flaming au javelot), 18 de N1 et 28 de N2 ! Les connaisseurs apprécieront.
Meier pas loin de son record
Et encore, la vérité brute des chiffres ne dit pas tout. Plusieurs de ces performances ont été le fait de la relève, ces jeunes qui émargent au sommet de leur catégorie, à l’échelle nationale voire européenne.
Aux deux meilleures performances européennes cadettes de la Champenoise Alice Penciu-Jurin (4’17”16) et de la Strasbourgeoise Léa Eid (4’18”83) sur 1 500 m), on peut ajouter la meilleure dans l’Hexagone du cadet de Nancy Axel Mougel-Depoutout sur 800 m (1’48” 79), la 12e européenne sur 800 m (2’03” 95) de la junior Anaïse Meier (S2A/ASPTTS), qui en détient déjà la 6e.
Sans parler de tous les jeunes Alsaciens replacés dans la course aux championnats de France jeunes.
Teura’itera’i Tupaia dans les temps
Et puis, obligations des interclubs exceptées, Strasbourg aura eu l’honneur de revoir à l’œuvre son sélectionné olympique des JO de Paris au javelot, Teura’itera’i Tupaia, pour ce qui fut depuis son deuxième vrai concours seulement, le premier depuis plus d’un an.
Avec son entraîneur au Pôle espoirs de Strasbourg, Jacques Danail, ils s’étaient fixé un défi à 70 m en guise d’examen de passage dans le lent processus entre son opération du coude post-JO et 2028. À 67,10 m, le duo n’en fait pas une maladie.
« Ne serait-ce que 15 000 €… »
« C’est hyperpositif, ce que tu fais là », a lancé le coach au Tahitien, au discours très positif. «Ça fait du bien de revenir sur les stades, de retrouver les camarades. L’objectif, ce sont les championnats de France ( à Albi du 24 au 26 juillet, ndlr ), on verra ce qui s’en suit. »
Le meeting 2026 s’est achevé ainsi. Très vite, il s’agira de basculer sur le prochain. « Rien que 15 000 € de l’Eurométropole nous permettraient déjà de changer de dimension », estimait Jean-Marc Ducret à la veille de l’échéance. 15 000 € ? Et même un peu plus ? Une broutille à l’échelle de la collectivité, non ?
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